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Chronique mensuelle
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Écrit par Alex SICILIANO
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Jeudi, 06 Octobre 2011 17:16 |
Le prix des oliviers
« Olivette a vendre – 50 arbres – bonne production et bien entretenu – 30 000 € »
Des olivettes se vendent de plus en plus depuis 2 ans, les prix auxquelles elles sont proposées sont libres et les interventions de la SAFER sont rares. Aussi voit-on toutes sortes de transactions : celles où l'olivette est quasiment donnée, parce que l'oléiculteur à la certitude que SES arbres seront bien entretenus, ou à l'inverse des olivettes vendues une fortune parce que l'acheteur était prêt à mettre « n'importe » quel prix pour avoir SES oliviers.
« ...
B. : Oh Roger , y paraît que tu vends ton olivette du plateau.
> > R. : Oui, avec les jeunes que j'ai mis derrière la maison qui rentrent en production je n'ai plus le temps de monter là haut pour m'en occuper. Comme les arbres sont beaux, je pense en tirer un bon prix.
B. :Tu la vends combien ?
R. : Il y a 50 arbres, je la vend 30 000 €.
B. :Eh bé ! Tu comptes sur un Parisien pour te la prendre à ce prix !
R. : Si ça t'intéresse dis le franchement, mais tu la connais les arbres sont beaux, j'y ai eut ramassé plus d'une tonne d'olives.
B. :Sûr mais c'était il y a quelques années ! Moi je te le dis ça m'intéresserait, oui, mais pas à ce prix : 30 000 € tu te rends compte ! Mettons qu'elle fasse 700 kg d'olive en moyenne et admettons qu'on nous prenne les olives à 1 € /kg. Dans 20 ans elle m'aura rapporté 14 000 €, on est loin des 30 000 € que tu demandes. Et c'est sans compter tous les frais et le travail.
R. : Ah, si tu comptes comme ça, forcément !
B. :Et comment tu veux compter autrement.
R. : C'est sentimental une olivette ! et les sentiments, ca ne se compte pas en euros, c'est tout. Elle te plait ! tu la prends et tu ne regardes pas au prix !
... »
Dans la plupart des cas, pour les petites parcelles, le prix est évalué à l'arbre entre 200 et 500 € le pied. Si vous achetez une olivette à 200 ou 300 € le pied, il est possible que vous vous y retrouviez économiquement, mais à plus de 400 €/pied il ne faudra pas trop compter ! C'est le coup de cœur qui devra vous décider, parce que économiquement ça ne se justifiera pas.
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Mise à jour le Jeudi, 06 Octobre 2011 17:24 |
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Écrit par Alex SICILIANO
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Jeudi, 01 Septembre 2011 14:01 |
Chronique de septembre
- Une mouche pique une olive et y pond un œuf.
- L'œuf éclot, une larve nait,
- La larve mange l'olive pendant près de 2 semaines,
- Elle finit par ouvrir un trou pour sortir de l'olive,
- Mais elle reste dans le fruit et se pupéfie*,
- Après quelques jours elle devient une mouche adulte,
- Elle sort par le trou préparé,
- Elle va s'accoupler,
- et le cycle recommence.
* nota : les larves d'automne se pupéfient au sol, celles de l'été restent dans les olives
C'est simple, les oléiculteurs et scientifiques ont compris et décrit ce cycle depuis des décennies, pourtant la mouche reste le problème numéro UN de l'oléiculture moderne.
On a essayé beaucoup de choses :
- Stériliser puis lâcher des mouches mâles : l'opération était trop délicate !
- Protéger les arbres avec de grands filets : cela coûtait une fortune en filets !
- Pulvériser un répulsif sur les arbres : ça sentait mauvais !
- Piéger toutes les mouches d'un verger, ça coûtait cher et ça attirait les mouches du voisin !
- Favoriser, voire introduire des insectes qui sont naturellement prédateurs de la mouche : ceux-ci ne voulaient pas toujours s'attaquer aux mouches !
- ...
La méthode qui reste la plus utilisée est sans conteste celle qui consiste à tuer les mouches avec des insecticides. Pourtant ça ne marche pas forcément mieux. La preuve, il y a davantage de mouches aujourd'hui qu'il y a 100 ans et ça empoisonne l'oléiculteur et l'environnement ! Bien sûr on peut choisir des produits plus « doux » comme Synéis Appât (traitement localisé) de préférence à d'autres produits, mais les effets négatifs restent nombreux.
Aujourd'hui pourtant il existe un produit naturel et non-toxique, qui permet d'empêcher réellement la mouche de pondre dans les olives, c'est l'argile calcinée. Certes il faut être équipé d'un bon pulvérisateur, mais pourquoi, si peu d'oléiculteurs l'ont-ils adopté, pourquoi continuer à utiliser des produits dangereux quand d'autres non toxiques sont disponibles ?
« ...nous avons beau savoir que les mauvaises actions donnent inéluctablement de mauvais résultats, la leçon ne porte pas et nous continuons à commettre des erreurs. Si notre cerveau n'enregistre pas la leçon, c'est parce qu'il y a un décalage dans le temps entre l'action et le résultat qui s'ensuit. » Mata Amritanandamayi, dît Amma
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Écrit par Alex SICILIANO
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Vendredi, 01 Juillet 2011 00:00 |
C'est la catastrophe !
12 h 15 sur la terrasse du bar des Négociants, sous le gros platane :
- Oh, qué chaleur ! cette année c'est sûr je ne ramasserai pas une olive. Ils l'ont dit à la formation des oléiculteurs, c'est « la chute physiologique de début Juillet ! Si l'olivier subit un stress il va faire tomber ses olives quand elles sont grosses comme une tête d'épingle » qu'il disait.
- Tu as raison, et hier il a fait 37 °C à l'ombre ! Alors tu te rends compte, en plein cagnard.
- J'aurai mieux fait de ne pas les tailler cet hiver au moins il me serait resté quelques olives.
- Et en plus on a eu cette pluie le mois dernier, en plein sur la fleur. Ça a fait du mal ça aussi.
- Je pense bien. Le voisin, il a même eu de la grêle, il a perdu toutes ses salades.
- Si par hasard il en vient quand même quelques unes je te parie que c'est les mouches qui vont nous les bouffer.
- Sûr !
- C'est à te dégoûter des oliviers
- Allez va, tu reprends quelque chose ? »
Sur l'olivier tout est lent !
Le démarrage de végétation, la formation des fleurs, la véraison et la nouaison sont des opérations lentes pour l'olivier. Désespérément lentes ! Au moment de la floraison par exemple, il y a la pollinisation, ça dure quelques jours ; puis, le pollen va féconder l'ovaire de la fleur : 2-3 jours de plus. Puis la graine va commencer à se former mais ça ne se voit presque pas et enfin, un mois après le début de la floraison, le fruit commence à grossir de façon visible. Les oléiculteurs impatients ont du mal à accepter ce rythme.
Mais l'olivier est rustique, il pousse même quand il fait trop sec ou trop humide. Dans les régions sub-désertiques, j'ai vu des arbres qui portaient 150 kg d'olives alors qu'ils recevaient moins de 250 mm d'eau de pluie dans l'année. Inversement, on a vu des arbres prendre la pluie et la grêle en pleine floraison et porter quand même des olives... alors prenons patience. Dame Nature nous réserve des surprises, bonnes ou mauvaises, il reste toujours à espérer.
Pour le moment, cette année 2011 a été plutôt favorable aux oliviers, globalement les pluies sont arrivées aux bons moments, les fleurs n'ont été que peu perturbées par les pluies de juin et les olives grossissent normalement, pourvu que ça dure.
A. Siciliano
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