L'olivier géant
J'ai raccourci l'an dernier une charpentière. Autour de cet endroit a démarré, logiquement, toute une série de rameaux. Ils ont poussé bêtement les uns à côté des autres, ils ont tous cherché le maximum de lumière, se concurrençant et se gênant mutuellement. Tout en les supprimant, je me demande pourquoi la nature, « dans sa grande sagesse », laisse faire un tel gaspillage d'énergie.
La nature est bizarre
Bien sûr l'olivier n'a pas de conscience, le rameau non plus n'a pas de conscience ; il ne sait pas qu'il y a un autre rameau qui pousse à coté de lui ! Chaque bourgeon se développe en détournant à son profit la sève et la lumière qu'il peut. En définitive chaque rameau fonctionne comme un petit arbre indépendant, il se moque de savoir qu'il est sur un jeune plant de pépinière à 1 m de haut ou sur un vieux tronc multi centenaire à 5 m du sol, peu importe qu'il soit sur une charpentière ou une branche secondaire...
Pour le rameau, la branche qui le porte ne compte pas !
Tout en me faisant ces réflexions, j'ai fini de tailler l'olivier et je suis passé au suivant. J'ai là une rangée d'oliviers, plantée il y a une dizaine d'années à partir de souquets pris sur une matte énorme que j'avais débroussaillée. Aujourd'hui ce sont de jeunes arbres bien développés, ils sont indépendants les uns des autres, poussent chacun à leur façon, se gênent parfois et pourtant, ils viennent tous du même pied-mère. Génétiquement ils sont parfaitement identiques les uns aux autres (ce sont des clones), comme... les rameaux sur un même arbre.
Des arbres comme des rameaux
C'est étrange de penser que mes arbres, côte à côte sur leur rangée, sont comme les rameaux côte à côte sur la branche. Ce sont les parties d'un même individu, animés de la même envie de lumière et sans conscience de leurs voisins. Et si tailler tout un verger, c'était comme de tailler un arbre géant, dont le tronc serait la terre et chaque tronc une simple branche ?
La taille d'un verger doit se raisonner dans son ensemble.
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