Floraison et nouaison
La floraison est impressionnante sur l'olivier. Les fleurs sont petites mais un arbre en porte des dizaines de milliers chaque printemps. On accepte généralement que seulement 3 à 8 % de ces fleurs donneront des olives. Quand il y en a plus, c'est que vraiment l'arbre se porte à merveille.
Mais que se passe-t-il pour que ces fleurs nous donnent des olives ? Pour cela je vous conseille de commencer par aller chercher une fleur sur vos arbres avant de lire la suite.
De quoi est faite une fleur d'olivier ?
Pour le décor, un calice vert et quatre pétales blancs. Leur utilité est peu évidente en dehors de celle de faire de bons supports pour l'atterrissage des insectes.
Pour la partie mâle : deux étamines. Ce sont les « petits sacs » jaunâtres portant le pollen et prêts à éclater au premier contact.
Pour la partie femelle : un pistil formé d'un ovaire : c'est la petite boule verte au fond de la fleur, un style et un stigmate qui forment la petite pointe au-dessus de l'ovaire. Le stigmate est destiné à recevoir le pollen tandis que le style joue le rôle de gardien en ne se laissant traverser (pour aller jusqu'à l'ovaire) que par des grains de pollen d'oliviers compatibles.
Une fois que l'on connait un peu la fleur, que faut-il exactement pour qu'elle donne vraiment une olive ?
Trois grands groupes de conditions indispensables doivent être réunis.
- la fleur doit être complète et opérationnelle : sur une grappe florale, seule la meilleure fleur, celle du bout est complète. Elle va dominer ses voisines et les empêcher de se développer, sauf dans le cas des variétés dont les olives sont portées en grappes. En cas de problème sur la fleur principale, la seconde prendra le relais, puis la troisième... il y a donc beaucoup de fleurs qui servent de « roues de secours » alors qu'une seule est complète. Pour avoir un maximum de fleurs complètes l'arbre doit avoir été bien alimenté durant le printemps, c'est la fertilisation (ou la fertilité naturelle du terrain) qui permet de remplir cette condition.
- la fleur doit être correctement pollinisée : rappelons que la pollinisation de l'olivier se fait essentiellement par le vent (1). Pour être emporté, le pollen ne doit pas être trop humide et il doit y avoir un peu de vent durant la pleine floraison.
- la fécondation doit se dérouler correctement, sans un coup de chaleur qui « tuerait » le pollen, sans un gros orage ou un coup de froid, car le minuscule grain de pollen doit pousser (il germe) pour réussir à atteindre l'ovaire, or le grain de pollen est très fragile. Le temps doit être doux, sans pluies, ni coups de vent trop forts.
- la nouaison doit débuter sans stress. Les coups de chaleurs, fréquents, début juillet peuvent entraîner rapidement la chute des jeunes olives. L'alimentation des arbres doit donc être maximale en juin-juillet, c'est la fertilisation de printemps, puis l'irrigation (quand on peut) qui assurent cette condition.
Beaucoup de conditions sont donc nécessaires à la réussite d'une fleur. Si certaines dépendent de votre travail, il faut bien constater que de nombreuses autres dépendent seulement du temps qu'il fait, du climat, alors croisons les doigts.
(1) Les fleurs des oliviers peuvent être visitées par les abeilles qui récupèrent allègrement le pollen sous forme de pelotes sur leurs deux pattes arrière. Elles aident dans ce cas-là à la pollinisation, mais ce phénomène est trop occasionnel pour constituer le facteur primordial de votre future récolte. C'est le vent qui en est le vecteur essentiel. Mais remercions au passage le rôle des abeilles qui ne trouvaient alors rien de mieux.
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