Visite du 7 : Oliviers sans traitement à Lurs chez Claude LAURENT
Organiser une rencontre dans un verger d'oliviers au mois de juin en plein après midi, c'est une occasion pour attraper des coups de soleil ! Heureusement le groupement des oléiculteurs fait bien les choses et, c'est sous un ciel chargé de nuages judicieusement positionnés que Claude Laurent nous a accueillis.
Rappelons que Claude est président de l'association Li bancau d'oulivetto de Lurs, association de promotion et de valorisation de la culture de l'olivier et des paysages qui y sont attachés. L'association organise régulièrement des rencontres techniques mais aussi, et surtout sa célèbre journée des Olivades de Lurs, le premier samedi de mars ; et la « bientôt tout aussi célèbre » journée de récolte des olives pour la Sainte Catherine, chaque 25 novembre.
Le public moins nombreux qu'à l'accoutumée, s'est montré très intéressé par le sujet du jour « Entretien des oliviers sans traitements ». En effet Claude, a repris cette olivette il y a une dizaine d'années à un oléiculteur qui avait appliqué des traitements « vigoureux ».
C'est simple dit Claude : « Les arbres étaient tout bleus », dès lors, la décision a été prise : « aucun produit pesticide dans ce verger » ni d'ailleurs sur les autres vergers dont il s'occupe.
Claude s'attache ainsi à optimiser son travail de façon à obtenir le maximum d'efficacité pour une quantité de travail et d'investissement donné :
Le sol, base d'une agriculture biologique est entretenu avec un enherbement permanent par broyage ou coupe de l'herbe. Un griffonnage très léger est réalisé un an sur trois environ.
Des amendements, mais pas de fertilisation : les branches de tailles sont broyées sur place, ainsi que l'herbe, ce qui améliore notablement la fertilité du sol. Elle est encore augmentée par un apport annuel mais léger (quelques kilos par pied) de fumier composté.
La taille est douce et régulière, afin à la fois de garder un feuillage aéré, pour limiter les maladies, sans pour autant perturber les arbres par des coupes trop sévères pour éviter l'alternance.
La récolte est faite à maturité. Elle débute en décembre et se termine... un peu plus tard.
Aucun traitement n'est donc appliqué (ni cuivre, ni insecticide, ni engrais foliaire...) ce qui permet bien sûr d'économiser sur les produits, mais aussi sur le matériel (Claude n'a pas de pulvérisateur), il n'a donc pas le souci du stockage, ni de l'entretien ! Dans ce contexte, inutile également de se préoccuper de la présence ou pas d'insectes ravageurs ou de maladies. Pas de piégeage, ni de relevé, ni de comptage de feuilles... C'est encore du temps de gagné. Bien sûr, quelques kilos d'olives sont perdus de temps en temps, mais les olives ramassées sont parfaitement saines et naturelles. Avec cet itinéraire, Claude récolte une moyenne de 10 kg d'olive par an sur ces arbres.
Une belle leçon à méditer, qui nous rappelle que les oliviers sont des arbres rustiques et résistants, et que leur fournir beaucoup plus de travail ne rapporte par forcément plus d'olives.
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